Jeudi 13 novembre 2008 4 13 /11 /Nov /2008 20:38
Tout le monde s'est mis sur son 31. Les garçons ont ouvert leur chemise, les filles ont raccourci leur jupe, le ciel est étoilé, l'air est chaud.

Une fois entré dans le périmètre délimité pour la fête, on compte plusieurs centaines de jeunes.
Après quelques verres commandés au bar, tables de jardin bancales et nappes en papier, tous se retrouvent sur la piste de danse, terrain vague de terre et de graviers.

Dans l'attente d'une meilleure ambiance les regards se cherchent et se croisent. Mais les yeux clignent au rythme du stroboscope. Pas facile. Les filles s'observent et c'est à celle qui aura la jupe transparente la plus courte et les talons aiguilles les plus hauts. Et les garçons bavent devant les gagnantes.
Les baffles grésillent. La musique est trop forte, le rythme lassant. Personne ne danse.

Tout le monde l'attend.

La machine est en marche. Son souffle fait vibrer l'énorme filet tendu.
Il s'étire, grandit pour libérer les millions de petites bulles de savon qui ne rêvent que de s'envoler vers la foule.
La vague arrive.
L'onctueuse matière tente d'attirer ses proies en les amusant, de les attraper en les enveloppant de savon, et de les étouffer dans un ultime effort.

L'agitation se fait sentir. Certains courent se jeter dans la vague, d'autres courent se réfugier dans l'alcool. Mais la plupart ne bougent pas et observent bien au sec, un verre à la main, le festin de la bête.

Je suis attirée.

La sensation est étrange. La mousse caresse mes jambes nues. Je suis dans un nuage. Mais plus je m'enfonce et plus la bête m'engloutit. Je manque d'air. Je ne vois plus rien, distingue seulement des silhouettes, des bras qui s'agitent, et frôle des mains qui me griffent.

La deuxième vague est plus puissante. La bête a grandi, nourrie des corps savonneux qu'elle a consumé. L'état de "bonhomme de mousse" est confirmé et les vêtements ne sont plus que décoration.

On s'amuse à traverser la foule "sèche", catégorie à part. Celle qui sort en boite après, celle qui ne peut pas se permettre d'être médiocre, de mouiller sa mini-jupe, ou de gâcher sa coiffure bourrée de gel. Celle qui n'est pas tentée.
Elle nous regarde comme des extra-terrestre, et s'éloigne de la moindre bulle de savon qui aurait l'idée de venir l'embêter. On les comprend, ces gens ont la classe !

Après quelques vagues l'épuisement est total.
La mousse se tasse. Les corps sèchent. La bête ne reviendra pas.
Il est tard et même tôt. L'air est devenu frais.
Un dernier effort. Se changer dans la voiture garée au bord de la route. Et jongler entre nos vêtements et les phares des voitures remplies de jeunes en chasse.

C.I
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Jeudi 13 novembre 2008 4 13 /11 /Nov /2008 20:12
Je n'ai pas d'inspiration. Je n'arrive pas à me concentrer. Je n'écrirai pas aujourd'hui.

Dehors, j'entends une musique. Une fanfare sous ma fenêtre. Impossible de laisser aller mon imagination avec ce vacarme. Et ma télé est allumée. Les images défilent sous mes yeux. Journal télévisé et catastrophes dans l'actualité. J'ai coupé le son.


On joue l'amant de Saint-Jean. Tout le monde applaudit. J'aime bien, quand même. J'ai dit que c'était du vacarme mais en fait c'est pas si mal. Le quartier est vivant et l'ambiance festive. Ça change. Pourtant, dans ma tête pas le moment de faire la fête. Je dois trouver l'inspiration.

Quand elle vient j'arrête tout, file dans ma chambre, ouvre mon cahier et laisse glisser le stylo sur le papier. Pendant quelques minutes je ne pense plus. Et quand les mots ne viennent plus je sais qu'elle est repartie. Puis je relie tout plusieurs fois jusqu'à entendre un écho au fond de moi.

Mais aujourd'hui je n'ai pas l'inspiration.
La nuit tombe doucement sur les montagnes et le vent entraîne avec lui la mélodie. Son rythme s'accélère, encore et encore, toujours plus vite, plus fort, jusqu'à ce qu'elle explose dans un dernier souffle.

Il y a quelques jours j'ai relu mes cahiers d'adolescente. Mes cahiers secrets. A cette époque et en chaque instant j'avais l'inspiration, nourrie des questions existentielles qu'on se pose à cet âge là. Et au fil des pages les amis, les coups de cœur et les chagrins d'amour.

Mais aujourd'hui il n'y à rien de cela.
Tout est calme en moi. Parfaitement calme. Et dehors le monde s'agite. Si j'ouvrais la fenêtre peut-être que l'énergie envoyée par la fanfare viendrait jusqu'à moi. Elle pourrait me redonner l'envie d'écrire.

En fait, je ne sais pas. Je crois que j'écris plutôt quand je suis mélancolique. Je m'évade.

J'ai ouvert la fenêtre. Le vent est entré dans la pièce. Son souffle froid me caresse le visage. La fanfare repart. Je l'entend qui s'éloigne. Et les passants sifflent les dernières mélodies.

A présent, tout redevient calme. L'inspiration peut venir.
Elle entrera par la fenêtre, sera portée par le vent. Elle s'assiéra à mes côtés, se penchera au-dessus de mon épaule. Puis elle me parlera, soufflera mes pensées. Et c'est seulement à cet instant que j'écrirai.

C.I
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Jeudi 13 novembre 2008 4 13 /11 /Nov /2008 14:57
Il lui a manqué.

Elle ne l'a pas vu depuis des années mais bientôt elle pourra à nouveau le dévorer des yeux, contempler son visage et admirer chacun des mouvements de son corps.

Il viendra lui rendre visite un soir d'été. Il n'aura pas beaucoup changé mais ses cheveux seront toujours aussi fous et sa bouille aussi craquante.
Comme avant, il aura cette délicatesse et ce romantisme rares. Sa douce mélancolie la touchera et son âme d’artiste la fera rêver. Encore.

Autour d’un verre, sur une place sombre, leurs regards se croiseront. Il lui dira qu’il est timide, que c’est dans sa nature. Il n’y aura rien à y faire. Et leur aventure ne sera évoquée.

Elle n’en saura pas plus, restera dans ses rêves et ses espérances.
Il n’y aura pas de séduction. Pas d’amitié. Pourtant il y aura quelque chose. Un parfum.











Il la taquinera, la provoquera, et lancera avec malice un «qui aime bien châtie bien».

Facile. Mais troublant.

Et au moment des adieux il n'osera pas la prendre dans ses bras. Il posera seulement ses mains sur ses épaules. Quelques secondes de contact. Pour retrouver la sensation.

Elle ne bougera pas, sera mal à l'aise. Elle le repoussera, même. Contre sa volonté. Mais entre eux rien ne se dit, tout se suggère. Tout s'imagine et plus rien ne se passe.

Un baiser sur la joue puis il partira rejoindre sa petite amie. Celle qu'il aime et qu'il aimera encore.

Elle rentrera chez elle et pensera à lui. Celui qu'elle adorait mais qu'elle n'osera plus aimer.

C.I
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