Mercredi 26 novembre 2008 3 26 /11 /Nov /2008 12:25

C'est l'odeur du maquillage qui est la plus forte. Elle se mêle à celles du vieux bois, du tissu poussiéreux et de la sueur.
Il fait chaud. L'air est humide, étouffant. Les plafonds sont bas, le couloir étroit. Et la lumière de vieilles ampoules rend l'atmosphère lugubre.

Pourtant, c'est un sentiment de joie qui domine les allées et venues. On se bouscule, on crie, on s'entraide, on se rassure. Mais chaque mouvement est calculé, chaque minute comptée.
Bientôt, ce n'est qu'une farandole de tissus dans un même piétinement.

La tension est palpable.



Il est curieux et les autres l'envoient guetter. Tout excité, il court dans l'escalier de bois et avance jusqu'au grand rideau. Du pouce et de l'index il écarte délicatement le tissu et glisse un oeil discret.
Il y a du monde.
Mais très vite il redescend dans la petite pièce rassurante.
Les visages des autres l'interrogent et après un sourire de soulagement les traits se tirent.
L'angoisse monte. Le moment est venu.

C'est lui qui commence.

Concentré, il emprunte à nouveau l'escalier qui craque sous ses pas hésitants et se place derrière le petit rideau. Face à lui, côté jardin, les autres l'encouragent mais il n'y prête pas attention.

Et déjà les trois coups retentissent. Leur écho résonne jusque dans son ventre. Puis la musique baisse à mesure que le grand rideau s'ouvre. Cette musique. La même chaque soir. Une mélodie gravée en lui qui pince son cœur à chaque écoute.

Le silence inonde la salle. Il reste concentré.
Son personnage le transforme. Il est un autre.
Une petite boule monte lentement dans sa gorge, son souffle se coupe, son coeur s'emballe, les projecteurs s'allument.

La scène l'attend.

 

C.I

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Dimanche 16 novembre 2008 7 16 /11 /Nov /2008 11:38

Il est grand et musclé.
Le parasol, les serviettes, la crème solaire, le sac, la glacière bleue. Tout est prêt. Il est 11 heures. Le soleil brille et les vagues rafraîchissent.
Elle a six ans, la peau blanche et les cheveux roux. Elle court sur le sable, impatiente.
Un maillot, un foulard, beaucoup de crème.
Sous le regard bienveillant de son père elle entre dans l'eau. Seule. Debout face à l'horizon, elle ne bouge plus, se laisse caresser par les vagues.
Crème, coup d'oeil au portable, lunettes noires.
Il la rejoint.


Au même moment, sur la même plage.


Il est grand et musclé.
Le parasol, les serviettes, la crème solaire, le sac, le crocodile gonflé. Tout est prêt.
Elle a deux ans, des lunettes roses sur le nez, un chapeau enfoncé sur sa petite tête. Le ventre en avant, elle se dandine sur le sable, impatiente.
Lui, lunette noire, corps bronzé, maillot à fleurs.
Un coup d'oeil dans l'objectif et des souvenirs sur photos.
Le soleil cogne. Les vagues rafraîchissent.
Une cigarette dans la main droite, il tient sa fille par la main gauche.
Elle tourne et rit aux éclats.
Et délicatement il la pose sur la serviette, la serre fort dans ses bras.


C.I

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Vendredi 14 novembre 2008 5 14 /11 /Nov /2008 11:46

C'est la vérité, je t'ai menti.
Je te vois, tout devient flou.
Le temps m'échappe, je ne bouge plus.
Tu te caches.
J'aime le mystère qui me protège.
Et tous ces mots n'ont pas de sens.
Encore une ruse pour échapper.
Facile à dire, lourd à penser.
Tout s'enmêle et rien n'est simple.
La vérité devient floue.
Je te mens c'est pour de vrai.
Mon coeur bat contre le tien.
Ne bouges pas que je m'échappe.
Les mots s'enmêlent.
Leurs sens se cachent.
La ruse est d'éviter.
La vérité c'est ne rien dire.
Le coeur ne trompe pas.
Les battements trahissent.
Le mensonge n'a plus de sens.
Le secret est en danger.


C.I

Publié dans : Poésie
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