Partager l'article ! Souffrir pour être belle ?: "Qu'est ce qu'on vous fait ?" J'aimerais une coupe à la fois sexy et classe. De long cheveux o ...
"Qu'est ce qu'on vous fait ?"
J'aimerais une coupe à la fois sexy et classe. De long cheveux ondulés qui flottent sur mes épaules. Une petite frange discrète qui mette en valeur mes yeux. J'aimerais me sentir belle et que l'on se retourne sur mon passage. J'aimerais oublier la grisaille du mois de décembre et me croire sur une plage déserte au milieu de l'océan.
Ça, c'est mon rêve. Mais durant ma longue réflexion, la coiffeuse s'impatiente et je n'arrive à articuler que ces mots : "un dégradé... et puis couper les pointes... et puis une petite frange... non, une demi-frange, qui traverse mon front mais sans le cacher." Totalement clair !
Il faudrait que j'illustre ça avec une belle photo sortie d'un magazine mais dans la précipitation je ne trouve pas,
et le regard de la coiffeuse devient menaçant.
Le temps, c'est de l'argent. Alors choisis vite et m'embêtes pas !
Ça tombe bien, la coiffeuse a une frange, plus ou moins ressemblante avec ce que j'imagine.
Alors je lui dit simplement : "Comme vous".
Et sans attendre elle m'entraîne au bac. J'ai juste le temps de la regarder avec plus d'attention, avant qu'elle passe de l'autre côté pour griffer mon cuir chevelu avec ses longs ongles.
Je m'aperçois à ce moment-là que sa coupe est tout ce que je n'aimerais pas avoir.
Une sorte de carré court et long à la fois, brun et rouge sur le devant... Heureusement sa frange est ce qu'il y a
de plus réussi !
Je suis sauvée.
Le bac, que du bonheur !
Vous allez penser que je suis une râleuse et c'est vrai, mais je ne râle que sur les choses qui en valent la peine ! Dénoncer les dures réalités des honnêtes gens, voilà ce qui est essentiel dans ce monde.
Quel meuble de torture ! Mon cou vient se coincer entre ces deux bords de porcelaine et comme je suis grande je me retrouve dans une position assez indescriptible à l'écrit... je vous laisse donc imaginer.
Ce que j'adore aussi c'est quand la coiffeuse décide de vous poser une question au moment où vous êtes peu disposés à entendre, avec la tête couverte de shampoing et l'eau chaude qui dégouline dessus. Pour moi, c'était plutôt une remarque, une obligation de payer encore plus cher parce que : "Je vous fais un soin car vos cheveux sont secs !" Merci. Dites tout de suite que je ne sais pas m'en occuper ! Tu parles, ça rajoute 15 euros... Non, là je deviens radine et méchante, c'est pas mon genre. J'accepte la remarque et me dis que de toutes façons, si je vais chez le coiffeur c'est que j'ai de bonne raisons, par exemple, couper mes cheveux pour leur redonner un peu d'allure ! C'est fou, non ?
Puis vient le moment de me lever pour m'asseoir devant le miroir. J'enfile à contre coeur la veste noire qui s'attache dans le cou et me coupe la gorge, et sur mes épaule vient se poser ce truc en caoutchouc qui pèse une tonne et qui me donne une allure de chevalier en armure... tellement sexy.
Je me vois dans la glace et je prend peur.
Dans les salons de coiffure il y a toujours des spots lumineux qui offrent une lumière blanche et qui vous font ressembler à un cadavre. Ajoutez à cela les cheveux mouillés et vous êtes méconnaissables. C'était bien la peine que je me maquille aujourd'hui ! A noté que si je ne m'étais pas maquillée je crois que j'aurais tout simplement déprimé sur place.
C'est à ce moment précis de ma réflexion que je me dis qu'il faudra que j'écrive un texte là-dessus, car, sans exagérer il y a déjà de quoi faire...
Le fauteuil est confortable mais il m'arrive au milieu du dos. Encore un avantage d'être grande... parce que pour les petits il est parfait (vous voyez, je peux aussi être positive), il arrive juste sous les épaules. Donc pour moi, on va dire que ça me permet de faire du sport : une demi-heure d'abdos contractés pour éviter de laisser tomber mon corps et ma tête vers l'arrière. Pas facile de respirer et sale moment pour mon dos. Mais il parait qu'il faut souffrir pour être belle, alors je serais magnifique en sortant ! Ha ha ha.
Entre deux coup de ciseaux, la coiffeuse me propose un thé. C'est très attentionné et comme je suis polie j'accepte. Sans réfléchir.
Et quand le thé arrive sur la petite tablette devant moi je réalise qu'on est le matin, que je viens d'en boire un avant de partir et que je vais vraiment galérer à boire celui-ci avec des mèches mouillées devant les yeux, l'obligation de tenir ma tête à la verticale et les mains d'une coiffeuse un peu partout sur mon crâne. Génial...
Du coup, je réfléchis 10 ans sur ce problème et me dis qu'il faudra que je l'ai bu avant qu'elle finisse la coupe, chose quasi impossible.
Heureusement, elle me laisse seule quelques minutes, pour s'occuper des bigoudis d'une vieille dame. OK, je comprend mieux le petit manège autour du thé. On vous en propose un et en échange vous êtes bien gentils, vous patientez sagement. Oh non, voilà que je redeviens méchante... c'était une très bonne idée de me proposer ce thé, et en plus, il est délicieux.
Finalement le résultat de ma tête me plaît assez. Je suis même très contente. Contente de ma coupe, contente de partir... contente de ne revenir que le plus tard possible.
C.I
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